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Des paysages de grandes cultures

publié le 13 novembre 2014 (modifié le 2 février 2016)

Le Vexin, le Drouais/Mantois, la plaine de Versailles et la Beauce

Les grandes cultures céréalières et oléo-protéagineux dominent très largement dans les paysages agricoles, occupant le grand nord-ouest et le sud du département. Cette caractéristique, vraie à l’échelle régionale, se traduit néanmoins par des paysages spécifiques dans les Yvelines, moins classiques que ceux de la pleine Beauce, de la Brie, de la Plaine de France ou même du cœur du Vexin :

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les étendues céréalières de la Beauce, animées par l’horizon forestier du massif de Rambouillet, vers Orcemont.

  • dans la Beauce Yvelinoise, les grandes cultures bénéficient de la proximité de la lisière forestière de Rambouillet ;
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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les étendues cultivées du Vexin des Yvelines, animées par les buttes boisées et les vallonnements des affluents de la Seine. Vue vers Lainville.

  • dans le Vexin Yvelinois, les affluents de la Seine et les buttes couronnées de boisements animent les paysages cultivés ;
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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les étendues cultivées du plateau du Mantois, animées par la ride de Thoiry. Vue entre Goupillières et Andelu.

  • dans le Drouais/Mantois, les ondulations s’affirment à la faveur des hauteurs de la ride de Thoiry ou des vallons creusés par les affluents de la Seine ; les variations de sols favorisent ainsi la présence de bois, de bosquets, et de quelques prairies et pâtures ;
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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les étendues céréalières de la plaine de Versailles, animées par les ondulations du ru de Gally et par les horizons forestiers, ici la forêt de Bois d’Arcy. Vue des environs de Chavenay et Saint-Nom-la-Bretèche.

  • enfin les paysages agricoles de la plaine de Versailles bénéficient du cadre offert par les plateaux des Alluets et de Trappes qui composent des horizons de coteaux majoritairement boisés ; et les mouvements souples de la topographie au sein même de la pénéplaine sont favorisés par le ru de Gally et ses affluents.

Dans le département, certains paysages céréaliers bénéficient des héritages de la chasse. A proximité du massif de Rambouillet, les remises (bosquets isolés) émaillent les champs, enrichissant précieusement les plates et vastes étendues cultivées : elles diversifient les vues et les ambiances. Elles contribuent également à la biodiversité de ces franges agro-sylvicoles. On en retrouve quelques-unes dans la plaine de Versailles, d’autant plus précieuses qu’elles sont rares.

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Pénétration agricole du Mantois dans le département des Yvelines (Source : Atlas rural et agricole IDF, IAURIF, 2004

La continuité des grandes cultures de la plaine de Versailles, qui courent de la Normandie jusqu’aux grilles du parc de Versailles à travers le Drouais et le Mantois, constitue un trait remarquable observable sur la carte. Cette « pénétration agricole » s’opère ainsi au cœur des zones agglomérées denses du département et de la région parisienne, entre l’urbanisation de la Seine au nord et celle de Saint-Quentin-en-Yvelines au sud. Elle reste fragile en termes de paysage malgré les dispositions de protection, de gestion et d’aménagement dont elle fait l’objet : site classé, programme LEADER géré par le GAL (APPVPA), projet de recréation de l’allée royale de Villepreux, prolongeant l’axe du grand canal à travers les espaces agricoles (C.A. Versailles Grand Parc).

La relative diversité paysagère des grandes cultures, propres aux Yvelines dans le contexte régional, n’échappe pas au processus de simplification des paysages. Ce processus a été lié aux remembrements et à la mécanisation (années 1950-1970) et aujourd’hui à la forte baisse du nombre des exploitations (2050 en 1988, 952 en 2010) et à l’augmentation non moins spectaculaire de la taille des exploitations (46ha en 1988, 94 ha en 2010, soit +104 %) (source Agreste). Elles obligent les agriculteurs à rationaliser au maximum leurs surfaces exploitables. La simplification qui en résulte prend trois formes : la concentration sur les grandes cultures céréalières au détriment des cultures à plus forte main d’œuvre (maraîchères, fruitières, spéciales), la suppression des « obstacles » (haies, arbres isolés, …), et l’abandon des terres trop complexes (coteaux, fonds humides, …).