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Des sites de production expérimentaux

publié le 13 novembre 2014 (modifié le 2 février 2016)

"On a dans le département une vraie sensibilité au paysage avec des atouts majeurs : Écoles du Paysage et d'Architecture de Versailles, anciennement l'école d'Horticulture, l'INRA à Grignon, Tecomah à Jouy-en-Josas... Ces grandes écoles nous aident à penser le paysage. "

Alain SCHMITZ

Les Yvelines bénéficient de lieux de production agricole d’exception, qui contribuent à la singularité des paysages. Le département est ainsi un haut-lieu de recherche, d’expérimentation et de formations relatives à l’agriculture et aux paysages. Versailles a été le carrefour des initiatives et innovations dans ce domaine depuis le XVIIe siècle ; l’Institut national de la recherche agronomique (INRA ex CNRA), installé depuis 1924 sur le site des dépendances de la ferme de la Ménagerie, poursuit la tradition en y concentrant 10 % de ses effectifs. Plusieurs sites prestigieux marquent ainsi localement l’espace départemental comme le Potager du Roi, la Bergerie Nationale, le Domaine de Grignon, auxquels il faut ajouter l’arboretum de Chèvreloup.

Le Potager du Roi

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Le Potager du Roi, à Versailles

A Versailles, le site du Potager du Roi est aujourd’hui occupé et géré par l’Ecole nationale supérieure du paysage (Ministère de l’agriculture), renommée pour la formation des paysagistes qu’elle assure depuis sa création en 1976. Le potager, créé en 1678-1683 pour alimenter Louis XIV et sa cour, prend place près de la pièce d’eau des Suisses : une position voulue par La Quintinie et Mansart, de façon à ce que le potager « contribuât à la décoration générale des palais et des jardins ». Il met aussi en valeur la cathédrale Saint-Louis, construite en 1740, qui s’offre en silhouette magnifique.

Le Potager du Roi : en savoir plus
Le site de 25 arpents (9ha) a été aménagé par La Quintinie en lieu et place de terrains marécageux. Il a nécessité la création d’un aqueduc souterrain et de pierrées, l’acheminement de terre prise sur la colline de Satory, et la création d’une étrange et remarquable succession de murs, divisant le potager en jardins successifs autour du grand carré central. Ces murs, associés à des techniques de jardinage spécifiques, créent des conditions microclimatiques favorables à la culture de fruitiers et de légumes, permettant d’alimenter la table du roi de variétés très diverses et à toutes les saisons, y compris « à contre-saison » : des figues sur six mois de l’année, des fraises en janvier, des asperges en décembre, … Aujourd’hui, 5 000 arbres fruitiers sont toujours conduits en espaliers ou en contre-espaliers, sous une soixantaine de formes (palmettes, U double encadré, croisillons, …), témoignant d’un rare savoir-faire jardinier. 350 variétés fruitières sont cultivées, y compris des variétés historiques dont louis XIV était friand : la poire « Bon Chrétien d’Hiver », la pêche « têton de Vénus », par exemple. Les fruits et légumes produits sont vendus sur place : un exemple de production à circuits courts au cœur de la ville de Versailles.

La Bergerie Nationale

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

La Bergerie Nationale de Rambouillet

A Rambouillet, la Bergerie Nationale a été créée par Louis XVI, avec la construction de « la grande ferme » en 1785, suivie d’agrandissements au cours du XIXe siècle.

La Bergerie Nationale : en savoir plus
La Bergerie Nationale a permis l’expérimentation de l’élevage de nouveaux animaux : les moutons Mérinos de Rambouillet achetés à l’Espagne, mais aussi les vaches suisses, les moutons d’Afrique, les chèvres angora, les mouflons, et plus tard, sous Napoléon Bonaparte : les buffles d’Italie, les chevaux belges, normands et arabes. Aujourd’hui, la ferme pédagogique accueille 80 000 visiteurs par an, gérant 220 ha de cultures fourragères et céréalières, 600 moutons, des vaches, des poules, des chevaux de trait, des ânes, chèvres, cochons, oies, canards, lapins et chiens de bergers.

Le Domaine de Grignon

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Source : ADY

Plaisir-Grignon : le parc du château, gravure ancienne (source : Archives départementales des Yvelines).

Le château de Grignon, le parc et les terres, d’une superficie de près de 500 hectares, ont été acquis en1826 par le roi Charles X qui les mit à la disposition de la Société Royale Agronomique de Grignon, en vue d’y installer l’Institution royale Agronomique de Grignon. Cette institution est devenue l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Grignon, et le site accueille aujourd’hui AgroParisTech, né de la fusion en 2007 des écoles d’ingénieurs ENGREF, ENSIA et INA-PG.

Le Domaine de Grignon : en savoir plus
Extrait de l’article de Rosine de Charon
catalogue d’exposition ’J’ai descendu dans mon jardin, parcs et jardins dans les Yvelines au XIXe siècle’, 2011

« Le site a conservé autour du château de style Louis XIII et des communs le parc clos de murs qui abrite les installations nécessaires à l’enseignement, les laboratoires, les logements des élèves, hangars, serres, garages, remises. Le domaine, traversé par le ru de Gally, est complètement intégré dans le paysage agricole qui l’entoure".

L’accès se fait par une double allée de tilleuls. Les structures des jardins, connues grâce au plan d’Intendance de 1787 forment l’assise des jardins implantés au XIXe siècle. Sur le côté Est du château subsistent des parterres réguliers hérités du XVIIIe siècle. Dans le prolongement, un jardin botanique est établi par MUSSAT en 1875 et réunit plus de 300 espèces ou variétés de plantes ornementales, en majorité des vivaces, ainsi qu’un jardin expérimental, écologique, regroupant plusieurs centaines de plantes provenant de diverses régions de France.
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D’Est en Ouest, sur l’aile gauche du château, le jardin anglais est traité dans le style paysager ; on y trouve la piscine circulaire d’eau douce aménagée sur une grande prairie.

Dans le prolongement du jardin botanique, l’arboretum créé à la fin du XIXe siècle par MOUILLEFERT, regroupe sur un hectare plus de 150 espèces d’arbres dont une remarquable collection de micocouliers, des chênes, des érables. Du côté Sud, entourant des bâtiments du XIXe siècle, se déploient des parterres avec topiaires, des espaces d’expérimentation avec serre chaude et potagers.

La partie boisée a conservé deux carrefours en étoile dont un composé de mélèzes plantés en cercle. Le domaine de Grignon constitue un très bel ensemble, aux végétaux très diversifiés et fortement ancré dans le paysage agricole avec son parc clos de murs. »