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Du continent à l’archipel

publié le 3 novembre 2014 (modifié le 14 décembre 2015)

Une représentation traditionnelle des Yvelines en marge ouest de la région Ile-de-France. (format pdf - 12.7 Mo - 03/07/2014)

Les régions Centre et Haute-Normandie voisines ne sont pas représentées, les Yvelines sont perçues et conçues comme des confins Ouest. (cartographie IAU).

Les paysages s’affranchissent des limites administratives : les départements ont été pour la plupart tracés à la Révolution, pour transformer les provinces de l’Ancien Régime, sur des dimensions étalonnées à une journée de cheval en tous sens. Dans le cas des Yvelines, le département est né beaucoup plus tardivement, à la faveur du redécoupage de la Seine-et-Oise centrée jusqu’alors sur Paris. Avec leur appartenance à la région Île-de-France, les Yvelines sont, depuis cet acte de naissance, presque toujours cartographiées "au rebord" de la région ; la représentation traditionnelle laisse ainsi en blanc les territoires situés plus à l’ouest et au sud, qui appartiennent aux régions voisines de la Haute-Normandie (Eure) et du Centre (Eure-et-Loir).

Cette représentation dissymétrique accentue la position périphérique du département, la capitale apparaissant comme un point de tropisme. L’importance de Paris est évidemment considérable, les principales infrastructures de déplacements y convergent et la pression urbaine s’en dégage. L’ensemble dessine un système qui "irradie" les Yvelines, conditionne fortement la vie des Yvelinois et modèle l’organisation et le développement du territoire départemental. Mais ce poids de Paris n’a pas toujours été aussi prégnant au cours de l’histoire. Au Moyen-Age, le territoire départemental, avec Mantes, Meulan et Poissy, s’inscrivait dans un réseau de villes qui comptait certes Paris mais aussi Beauvais, Evreux et Chartres.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les villes autour des Yvelines

Aujourd’hui encore, il n’est pas inutile de rappeler que Houdan, dans les Yvelines, est deux fois plus près de Dreux que de Versailles, et que Paris est trois fois plus loin ; que Mantes est à équidistance de Paris, de Rouen et de Chartres ; et beaucoup plus près d’Evreux que de Paris ; de même que Rambouillet est plus près de Chartres que de Paris.

(format pdf - 331.4 ko - 03/07/2014)

Une des rares cartes de la réflexion du Grand Paris, qui permet d’inscrire les Yvelines dans une vision moins périphérique, à la faveur de l’axe Seine (source : Atelier International du Grand Paris)

A l’heure du Grand Paris il est intéressant de constater que certaines réflexions ont contribué à déplacer le regard : elles ont par exemple popularisé le grand territoire qui s’étend de Paris à la mer au fil de la Seine, auquel s’accrochent les Yvelines, remettant le département dans une position stratégique.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les "îles-villes" des Yvelines. Proposition de représentation des Yvelines dans le "territoire-archipel".

Le polycentrisme à l’échelle interrégionale pourrait proposer une lecture du territoire "en archipel" et alimenter les réflexions de développement du département et notamment de son réseau de villes. Cette représentation et cette pensée de l’aménagement sont étroitement liées à la question du paysage : avec un territoire archipel la « mer » des espaces non bâtis prend autant d’importance que les « îles » des villes. Elle n’est pas un vide périphérique, lointain et abstrait, mais un plein au cœur du réseau des villes. Elle relie et sépare à la fois ce réseau, compose pour chaque "île" bâtie de l’archipel son espace de vie qui contribue à son identité. Le concept de « ceinture verte » revient à l’échelle à laquelle il est adapté, l’échelle sensible et concrète du paysage local, qui dessine pour chaque "île" son rivage.
[[référence : « le territoire archipel, figure du paysage durable », texte de juin 2013 de Bertrand Folléa, paysagiste. http://caue.dromenet.org/telechargement/conference_bertrand_follea.pdf