Aller au contenu - Aller au menu principal - Aller à la recherche

La forêt, un paysage marquant pour les Yvelines

publié le 8 janvier 2015 (modifié le 20 janvier 2017)

"Les raisons d'habiter le Parc (PNR de la Haute vallée de Chevreuse), c'est de l'émotion. Ca échappe à toute dimension raisonnée. C'est aussi ça le territoire. C'est de l'attachement, c'est viscéral. Pour moi ça passe par la forêt, et, de façon plus partagée a priori, une fascination pour une ruralité qui est si proche de la capitale. "

François BOULET

"L'élite du Moyen-Âge, ce sont les seigneurs. La chasse remplace la guerre, à l'automne et au printemps. La chasse, c'est à la fois un loisir mais aussi un apprentissage d'une des fonctions essentielles de l'élite : faire la guerre. "

Paul TROUILLOUD

"Nous sommes dans une société chrétienne, et la forêt est le lieu de l'adversité. Les animaux sont les barbares dans une certaine mesure. Toutes les croix mises dans les forêts ont été posées dès le XIème siècle dans une volonté de christianiser ces espaces. La forêt est encore le lieu de ce qui est autre : le sorcier au XVIIème siècle, l'animal... La forêt, au grand siècle classique, c'est le lieu à maîtriser. D'où Versailles, modèle de nature forcée, une nature assujettie par le roi et sa cour."

François BOULET
IMG/jpg/yv-fdt-4-carte-foret.jpg
© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Le nom d’Yveline dériverait de « sylva aequilina », puis « Ivelina », la forêt riche en eau. Cette origine présumée cadre bien avec l’un des milieux naturels les plus marquants des Yvelines. Ainsi, le massif forestier de Rambouillet occupe une grande partie de l’épais socle sableux formant la partie sud du département. La nappe perchée contenue dans ces sables y engendre de nombreuses zones humides.

Avec une superficie de 73 000 hectares, les espaces forestiers couvrent près du tiers du territoire des Yvelines. Les boisements se concentrent sur les reliefs et les plateaux, en particuliers au sud, avec la forêt de Rambouillet qui couvre à elle seule quelques 20 000 ha. On retrouve cette configuration mais de manière linéaire également au nord, sur les Buttes témoins du Tertiaire parisien, soulignée par la direction armoricaine : Forêt de Bois d’Arcy et de Sainte Apolline, de Meudon, forêt de Marly et des Alluets et au nord de la Seine, sur le relief plus érodé du Vexin : forêt de de l’Hautil et de Brueil-en-Vexin.

IMG/jpg/dscn5254.jpg
© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Boisement près d'une zone habitée à la Celle-Saint-Cloud

IMG/jpg/img_4285.jpg
© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Forêt de Marly, route forestière en sommet de plateau

Tous ces boisements sont situés majoritairement sur des sols sableux et par conséquent pauvres et peu propices aux cultures. Ils représentent les reliquats de ce que fut la couverture forestière primitive. En revanche, là où les plateaux ont été couverts par les dépôts de limon éolien, l’agriculture à la recherche de terre fertile a gagné sur la surface forestière. Les situations de fortes pentes peu accessibles ont également favorisé le maintien de la forêt. On la rencontre sur les pentes des faciès sableux, mais aussi de manière plus fragmentaire sur les coteaux marneux et calcaires des vallées de la Mauldre, de la Vaucouleurs et de leurs affluents.

Dans la vallée de la Seine, les terrasses sur alluvions anciennes présentent des sols trop sableux ou trop caillouteux pour être valorisés. Elles recèlent donc un certain nombre de grandes forêts : sur les hautes terrasses, la forêt de Saint-Germain-en-Laye, les bois du Chesnay, la forêt de Rosny et, aux creux des méandres, sur les basses terrasses, les bois de Verneuil, les bois de la Garenne et la forêt de Moisson. Ces sites sont aussi propices à la construction : les boisements y ont parfois reculé au profit de l’espace urbain, comme en témoigne l’aménagement de l’ancienne forêt du Vésinet, qui garde encore un caractère arboré suivant les intentions des fondateurs (voir ci-après le chapitre 5 « Les paysages bâtis : habitat, activités et déplacements »/L’expérience novatrice des cités-jardins).

Cette forte présence des milieux forestiers offre des continuités perceptibles depuis les panoramas de la vallée de la Seine ou depuis les grands axes de circulation sur le massif de Rambouillet.

IMG/jpg/horizon_forebe9a.jpg
© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Horizon forestier depuis la forêt de Marly, au dernier plan les tours de la Défense