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Les étangs des plateaux d’Yveline et le « réseau supérieur »

publié le 13 novembre 2014 (modifié le 22 décembre 2015)
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Plan du réseau supérieur d’alimentation en eau du parc de Versailles (document SMAGER)

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

L’étang de Saint-Quentin-en-Yvelines, une construction des hommes du XVIIe siècle, aujourd’hui convertie en base de loisirs et réserve naturelle. Vue vers l’ouest en direction de la réserve naturelle.

Sur les plateaux horizontaux et imperméables de l’Yveline et du Hurepoix nappés d’argile à meulière, l’eau ne se révèle naturellement pas autrement que par des landes et bois humides, quelques mares tout au plus. Pourtant, dans les parties urbaines comme dans les parties forestières, de grands étangs dessinent aujourd’hui des trouées de lumière, attractives pour les usages de loisirs, mais précieuses aussi pour la biodiversité qui s’y est développée. Leur aspect « naturel » tend à faire oublier leur histoire. Tous sont pourtant artificiels, creusés pour les besoins insatiables des jardins du château de Versailles en eau, destinée à alimenter les fontaines et jets souhaités par Louis XIV. Ils composaient le réseau des étangs supérieurs (les plus hauts en altitude).

Le réseau des étangs supérieurs : en savoir plus
Dans la forêt de Rambouillet, les six étangs de Hollande, sur les communes de Saint-Léger-en-Yvelines et des Bréviaires, (petit étang et grand étang de Hollande, étang de Bourgneuf, étang de Corbet, étang de Pourras, étang de Saint-Hubert), s’allongent dans la direction armoricaine sur cinq kilomètres. Ils s’écoulent vers l’ouest sur la vallée du ruisseau des Ponts Quentin, affluent de la Vesgre, et vers l’est sur la vallée du ru des Vaux, affluent de l’Yvette. Avec l’étang de la Tour plus au sud (rambouillet), ils ont été créés en 1683-1685 pour amener les eaux au parc du château par un long parcours : de l’extrémité Est des étangs, un aqueduc (notamment appelé « de l’Artoire » puis « de Mauregard ») les relie à la « Rigole du lit de la Rivière » qui conduit l’eau à l’[étang des Noës (commune de La Verrière puis, par la Rigole des Granges, à l’étang du Manet (commune de Trappes). La liaison a été complète jusqu’à l’étang de Saint-Quentin, pour ensuite amener les eaux au parc du château de Versailles]. Au total 10 étangs (de l’étang de la Tour à l’étang de Trappes), 70 km de rigoles et la « rivière royale », rigole de 34 km, acheminant les eaux à Versailles. Dans ce système, le grand lit de rivière, sur 22 km, suit l’étroite ligne de crête qui sépare les eaux de la Mauldre de celle de l’Yvette, entre Rambouillet et Trappes, également empruntée par la RN 10 et par la voie ferrée Paris-Chartres. La moitié de son parcours est visible, à ciel ouvert, l’autre est enterrée en huit aqueducs souterrains. L’emprise foncière de part et d’autre, entre 4 et 20m, permet le passage des circulations douces le long de ce grand axe.

Ce réseau « supérieur » alimentait gravitairement les réservoirs de Montbauron et ainsi les plus hautes fontaines du parc. Il en est coupé depuis 1977, la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines ayant conduit à la destruction partielle de l’aqueduc de Trappes. Mais l’ensemble du système existe toujours, aujourd’hui sous la responsabilité du SMAGER (Syndicat mixte d’aménagement et de gestion des étangs et rigoles). Comme toujours avec l’eau, les réappropriations et réutilisations sont multiples :

  • le système permet toujours de gérer les eaux de plusieurs milliers d’hectares sur le plateau, de Rambouillet à Saint-Quentin-en-Yvelines, dont les eaux de pluie de nombreuses agglomérations ;
  • les 42 km de rigoles du réseau supérieur encore existants ont été approfondies au XXe siècle pour accueillir les drains agricoles, qui assurent le drainage de 6 400 ha ;
  • l’ensemble offre de multiples occasions de promenades touristiques, piétonnes, cyclables et équestres, grâce à la richesse remarquable du patrimoine construit hydraulique : les étangs, les rigoles de collecte, les aqueducs, mais aussi les deux haricots de l’étang du Perray et de l’étang de Saint Hubert (bassins de dissipation de l’énergie hydraulique creusés en demi-cercle), les chambres de soupape (incluses dans des pavillons encore visibles pour les étangs du Perray, Saint-Hubert et Saint-Quentin), les digues et les chaussées, offrant de beaux points de vue sur les étangs, …
  • les étangs sont devenus attractifs pour les loisirs, la chasse et la pêche : le plus vaste étang des Yvelines, celui de Saint-Quentin (150ha) est au cœur d’une base de loisirs de 600 ha et permet de s’adonner à la voile ;
  • les étangs ont aussi pris une valeur écologique, favorisant la riche biodiversité liée aux zones humides. Aujourd’hui, la partie ouest de l’étang de Saint-Quentin est classée réserve naturelle, et sert de lieu d’hivernage à de nombreux oiseaux migrateurs. Plus de 230 oiseaux peuplent les 90 hectares de la réserve. Plus globalement, l’ensemble du système est devenu un vaste écosystème de 600 ha comptant parmi les premières zones humides d’Île-de-France, dont une partie inscrite au réseau Natura 2000 ;
  • à cette valeur écologique s’adjoint un rôle pédagogique, avec l’observation de la nature, facile pour le grand public depuis les digues et chaussées des étangs de Saint-Quentin, Saint-Hubert, Hollande, La Tour… La réserve naturelle de l’étang de Saint-Quentin attire quant à elle 5 000 visiteurs par an ;
  • quant aux aqueducs souterrains, ils servent de zone d’hivernage pour les chauves-souris !